Ordre de travail : définition, contenu et exemple de bon de travail
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L’ordre de travail est le document qui autorise et décrit une intervention, puis en garde la trace une fois le travail terminé. Ce guide présente son contenu, ce qui le distingue de la demande d’intervention, son circuit de la création à la clôture et la façon de prioriser les interventions. Il compare aussi les supports possibles, du bon de travail papier à la GMAO, avec une liste de champs à reprendre dans votre modèle.
Qu’est-ce qu’un ordre de travail ?
Définition et appellations courantes
En maintenance, l’ordre de travail se définit comme l’autorisation et la description d’un travail de maintenance. Concrètement, l’ordre de travail précise l’équipement concerné, le travail à réaliser, la personne qui intervient, les moyens prévus et le délai attendu.
Selon les entreprises et les secteurs, plusieurs termes désignent ce même document :
- Bon de travail (BT) : souvent la version imprimée remise au technicien ;
- Bon d’intervention : terme fréquent chez les prestataires de services, qui le font signer au client ;
- Work order : le terme anglais, repris par de nombreux éditeurs de logiciels de GMAO.
À quoi sert-il ?
Un ordre de travail remplit cinq fonctions :
- Autoriser : il engage le service maintenance et ses moyens, ce qu’une simple demande ne fait pas ;
- Coordonner : le technicien sait quoi faire, avec quelles pièces et sous quelles conditions de sécurité ;
- Tracer : chaque intervention reste rattachée à l’équipement, avec son coût en temps et en pièces ;
- Analyser : l’historique des ordres de travail clôturés révèle les pannes récurrentes et les équipements les plus coûteux ;
- Prouver : horaires, travaux réalisés et signature servent de référence en cas de litige ou d’audit.
À ne pas confondre avec ces trois documents
Dans le traitement d’une intervention, l’ordre de travail côtoie trois autres documents dont la fonction diffère :
| Document | Émis par | Rôle |
|---|---|---|
| Demande d’intervention (DI) | Production, exploitant, occupant d’un bâtiment | Signale un besoin. Elle peut être acceptée, regroupée avec d’autres ou refusée. |
| Ordre de travail | Service maintenance, responsable ou planificateur | Autorise et décrit le travail, engage les ressources. |
| Ordre de fabrication | Planification de la production | Lance la fabrication d’une quantité de produits dans un délai fixé (secteur industriel). |
| Bon de commande | Service achats | Commande les pièces ou prestations nécessaires à l’intervention. |
L’ordre de fabrication relève de la gestion de production industrielle, alors que l’ordre de travail concerne tout type d’intervention, en usine comme dans un bâtiment ou chez un client.
Les types d’interventions couvertes
Le type d’intervention figure sur chaque ordre de travail. En France, deux référentiels coexistent : la norme européenne NF EN 13306 (terminologie de la maintenance, janvier 2018) et la norme française NF X 60-000 (avril 2016), consacrée à la fonction maintenance.
Maintenance corrective
La maintenance corrective intervient après une défaillance. La NF EN 13306 distingue la corrective immédiate, réalisée sans délai, et la corrective différée, reportée à un moment choisi, comme une fin de série ou un arrêt programmé.
Les termes curative (réparation durable) et palliative (dépannage provisoire), très employés dans les services français, viennent de la NF X 60-000 et non de la norme européenne. Les deux vocabulaires restent valables, à condition de ne pas les mélanger dans un même référentiel de codification.
Maintenance préventive
La maintenance préventive vise à réduire la probabilité de défaillance.
On distingue :
- La systématique, déclenchée par un échéancier (calendrier, heures de marche, nombre de cycles) ;
- La conditionnelle, déclenchée par l’état mesuré de l’équipement (vibration, température, seuil franchi) ;
- La prévisionnelle, fondée sur la projection de l’évolution d’un paramètre de dégradation.
Ces ordres de travail découlent en général d’un plan de maintenance préventive qui fixe les tâches, leur fréquence et les équipements concernés.
Travaux neufs, inspections et contrôles réglementaires
Les installations, modifications et mises en conformité sortent du périmètre strict de la maintenance au sens de la NF EN 13306. La plupart des services les gèrent pourtant par ordre de travail, pour suivre le temps passé.
Il en va de même pour les inspections internes et les vérifications périodiques réglementaires (appareils de levage, installations électriques, par exemple). L’ordre de travail sert alors à planifier la vérification, à joindre le rapport et à déclencher une intervention corrective si une non-conformité est relevée.
Que doit contenir un bon de travail ?
Le format varie d’une entreprise à l’autre. Un bon de travail utile se juge à une seule question : permet-il, des mois plus tard, de reconstituer ce qui a été fait sur l’équipement, pour quelle raison et à quel coût ?
Les champs indispensables
| Bloc | Champs | Utilité |
|---|---|---|
| Identification | Numéro unique (par exemple 2026-0147), date d’émission, demandeur, statut | Retrouver et suivre l’ordre de travail |
| Équipement | Désignation, repère fonctionnel, localisation, criticité | Rattacher l’historique au bon actif |
| Travail demandé | Type de maintenance, symptôme ou opération, niveau de maintenance, priorité, délai | Orienter vers le bon intervenant |
| Sécurité | Risques, consignation, permis de travail, habilitations, EPI | Déclencher les autorisations avant l’intervention |
| Ressources | Intervenants, temps alloué, pièces, outillage | Préparer et réserver les moyens |
| Compte rendu | Travaux réalisés, cause de la défaillance, temps passé, pièces consommées, remise en service, signature | Clôturer et analyser |
Le niveau de maintenance, défini par la NF X 60-000, indique la technicité de l’opération et donc le profil de l’intervenant : du niveau 1 (réglages simples par l’exploitant) au niveau 5 (rénovation lourde confiée au constructeur). Le porter sur le bon de travail évite d’envoyer un opérateur sur une intervention qui exige un technicien spécialisé.
Le champ le plus souvent laissé vide est la cause de la défaillance ; sans lui, le retour d’expérience décrit plus bas reste impossible.
Modèle de bon de travail
Le tableau ci-dessous répertorie les champs minimums recommandés pour un modèle de bon de travail professionnel. Cette structure vous permet de créer un modèle de bon de travail réutilisable dans différents formats.
| Section | Principaux champs |
|---|---|
| Identification | Numéro du bon de travail, date d’émission, statut |
| Entreprise / Client | Société, coordonnées, numéro de téléphone, adresse e-mail |
| Emplacement / Actif | Adresse, zone, code de l’actif/de l’équipement |
| Description de l’intervention | Détails de la tâche, étendue, instructions |
| Responsables | Technicien affecté, équipe, superviseur |
| Priorité et dates | Priorité, date de début prévue/réelle |
| Ressources | Matériaux, pièces de rechange, outils |
| Coûts | Estimation des heures, des taux horaires et des taxes |
| Résultat / Clôture | Travail effectué, temps réel, signature |
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- Télécharger le bon de travail au format PDF, prêt à être envoyé ou imprimé.
- Personnaliser les champs en fonction de votre secteur d'activité.
- Ajouter tous les détails concernant le travail, les matériaux et les prix.
- Optimiser le flux de travail et la coordination entre les équipes.
De la demande d’intervention à la clôture : les étapes du traitement
Ces étapes s’appliquent à un bon de travail papier comme à un ordre de travail numérique.
- Demande d’intervention : la personne concernée signale un besoin. À ce stade, rien n’est encore engagé.
- Qualification et création de l’ordre de travail : le service maintenance vérifie qu’aucune intervention n’est déjà ouverte sur le même équipement, accepte, regroupe ou refuse la demande, puis fixe le type, le niveau et la priorité.
- Préparation : pièces réservées, outillage et documentation réunis, autorisations de travail établies (attestation de consignation, permis de feu, permis d’entrée en espace confiné selon les risques). Si une entreprise extérieure intervient, une inspection commune préalable et un plan de prévention s’imposent. Ce plan doit être écrit dès 400 heures de travail prévisibles sur douze mois ou pour les travaux dangereux listés par arrêté (art. R4512-7 du Code du travail).
- Ordonnancement : le planificateur décide qui intervient, quel jour et dans quel ordre, en tenant compte de la disponibilité de la production, des pièces arrivées et des compétences présentes.
- Exécution : consignation si nécessaire, intervention, essais. Le temps réel se note pendant l’intervention, pas de mémoire le lendemain. L’INRS détaille les bonnes pratiques de consignation dans sa brochure Prévention des risques en maintenance (ED 6270).
- Compte rendu et clôture : le technicien décrit le travail réellement effectué, la cause, le temps passé et les pièces consommées. La remise en service est prononcée, datée et signée, puis l’équipement déconsigné. Le responsable relit le compte rendu avant de solder l’intervention.
- Retour d’expérience : une cause qui revient sur plusieurs ordres de travail justifie une nouvelle tâche dans le plan préventif ou une modification de l’équipement.
Prioriser et suivre la charge de travail
Une grille de priorité simple
La priorité combine deux critères : la criticité de l’équipement et les conséquences de la défaillance sur la sécurité, l’environnement et la production.
| Priorité | Situation type | Délai indicatif |
|---|---|---|
| P1 Urgence | Risque pour les personnes ou l’environnement, arrêt complet d’une ligne | Immédiat |
| P2 Haute | Dégradation des cadences ou de la qualité sur un équipement critique | Sous 24 h |
| P3 Normale | Défaut sans impact immédiat sur la production | Sous une semaine |
| P4 Planifiable | Amélioration, défaut sur un équipement contournable | Prochain arrêt programmé |
Ces délais correspondent à une convention répandue. Ils sont à aligner sur les engagements internes de chaque site.
Statuts et indicateurs à suivre
Un jeu de statuts limité suffit pour piloter la file : émis, planifié, en cours, en attente de pièces, soldé. À partir des ordres de travail clôturés, quelques indicateurs donnent une vision fiable de l’activité :
- Backlog : charge en attente, exprimée en heures ou en jours de travail de l’équipe ;
- Part du préventif : heures de préventif ÷ heures totales de maintenance ;
- Taux de réalisation du préventif : interventions préventives réalisées dans les délais ÷ interventions préventives planifiées ;
- MTTR (temps moyen de réparation) : temps total de réparation ÷ nombre de réparations ;
- MTBF (temps moyen entre pannes) : temps de fonctionnement ÷ nombre de défaillances.
Ces indicateurs ne valent que si les temps sont saisis avec précision et si chaque ordre de travail est rattaché à un seul équipement. Un plan de maintenance partagé permet ensuite d’équilibrer la charge entre préventif et correctif.
Papier, Excel ou GMAO : quel support choisir ?
| Critère | Papier | Modèle Excel | Logiciel de GMAO |
|---|---|---|---|
| Mise en place | Immédiate | Rapide | Paramétrage initial nécessaire |
| Accès sur le terrain | Document physique, risque de perte | Limité hors bureau, conflits de versions | Application mobile, mise à jour en direct |
| Historique par équipement | Classement manuel | Possible, mais fragile | Automatique |
| Préventif récurrent | Suivi de mémoire | Rappels manuels | Ordres de travail générés selon l’échéancier |
| Indicateurs | Ressaisie nécessaire | Formules à maintenir | Calculés à partir des données |
| Lien avec stocks et documents | Aucun | Faible | Natif ou par intégration |
Le papier et Excel conviennent à une petite équipe qui gère quelques dizaines d’interventions par mois sur un seul site. Leurs limites apparaissent avec plusieurs techniciens, plusieurs sites ou des exigences d’audit : fichiers en double, aucune alerte d’échéance, historique impossible à consolider. Un logiciel de gestion de la maintenance centralise alors les demandes, les ordres de travail et l’historique des équipements dans une même base.
Gérer ses ordres de travail avec Timly
Timly est un logiciel de gestion de parc et de maintenance basé sur le cloud. Les interventions y sont rattachées directement aux équipements de l’inventaire, si bien que l’historique reste sur la fiche de l’actif, à côté de ses documents et de ses échéances.
- Tickets d’intervention avec statut, responsables, échéance et équipements concernés.
- Modèles récurrents pour la maintenance préventive, déclenchés par le planificateur de maintenance intégré.
- Accès mobile : le scan du QR code d’un équipement ouvre sa fiche, ses documents et les interventions en cours.
- Documents centralisés : notices, certificats, photos et rapports d’inspection liés à l’équipement.
- Clôture encadrée : selon la configuration, des champs obligatoires ou une signature sont exigés avant de marquer l’intervention comme terminée.
- Gestion des stocks : suivi des pièces et consommables, avec quantités minimales par lieu de stockage.
Foire aux questions sur l’ordre de travail
Aucun texte n’impose l’ordre de travail en tant que tel. Plusieurs obligations le rendent toutefois indispensable en pratique : le carnet de maintenance exigé pour certains équipements comme les appareils de levage, la traçabilité des vérifications périodiques et les documents de sécurité préalables (consignation, permis de feu, plan de prévention), qu’il sert à déclencher et à archiver.
En règle générale, non : c’est un document de suivi, pas un contrat. Signé par le client, un bon d’intervention atteste en revanche des travaux réalisés et des horaires, ce qui en fait un élément de preuve utile. Sa portée dépend du cadre contractuel (devis accepté, contrat de maintenance) ; pour un cas précis, l’avis d’un juriste reste nécessaire.
Tout salarié peut en général émettre une demande d’intervention. L’ordre de travail est créé ou validé par le responsable maintenance, le planificateur ou un technicien méthodes, selon la taille du service. Au-delà d’un certain montant, une validation par le détenteur du budget est souvent prévue ; dans une GMAO, ces droits se paramètrent par rôle.
Oui, à condition de tracer chaque modification (date, auteur, motif). Si le périmètre change nettement, par exemple un deuxième équipement à traiter, mieux vaut clôturer l’intervention et en ouvrir une nouvelle. Un ordre de travail qui regroupe plusieurs équipements fausse l’historique de chacun et rend le temps passé impossible à attribuer.
En partie. Les ordres de travail préventifs systématiques se génèrent automatiquement à partir d’un échéancier calendaire ou d’un compteur (heures de marche, kilomètres, cycles). Les ordres de travail conditionnels peuvent être déclenchés par un relevé ou un capteur qui franchit un seuil. Le correctif, en revanche, part toujours d’une demande que quelqu’un doit qualifier.
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